Compte-rendu des 6èmes Synapses

19 juin 2007

Centre de recherches EDF, Renardières (Ecuelles, 77250 Moret sur Loing)

 

1. Accueil par M. Christophe Digue, responsable du site R&D d’EDF (http://www.edf.com/20003i/Accueilfr/RechercheetDeveloppement.html)

Monsieur Christophe Digue souhaite la bienvenue aux participants, présente les activités des quatre départements d’EDF R&D du site (Cf. http://www.polesud77.asso.fr/pages/pr%e9sentations/Pr--sentation%20site.pdf), puis donne la parole à Alain Marti et Jean-Luc Mazoyer qui exposent les activités du site axées sur l’éco-efficacité dans le domaine de l’habitat  et de l’industrie.

 

2. Denis Oulés, Président de Pôle Sud 77 (www.polesud77.asso.fr)

 

Denis Oulés remercie Christophe Digue et ses collègues d’EDF, pour leur accueil chaleureux, ainsi que les étudiants de l’IUT Sénart-Fontainebleau qui ont contribué à l’organisation de ces Synapses, et Seine & Marne Développement (en la personne de son Directeur Général, présent) qui apporte son soutien à ces réunions.

Il salue Monsieur le Président de la communauté de communes Moret – Seine & Loing, Monsieur le Maire de la ville de Fontainebleau, et les responsables présents de diverses instances de la région (y compris des départements Yonne, Loiret et Essonne proches), puis cite les excuses d’autres responsables invités mais empêchés.

 

Denis Oulés rappelle les objectifs de Pôle Sud 77 et des Synapses :

 

3. Intervenant : Pierre Veltz (http://veltz.fr/pierre_veltz/pierre_veltz_index.html), Directeur de l’Institut des hautes études de développement et d’aménagement des territoires européens  (www.ihedate.com)

 

Pierre Veltz a donné sa vision des problèmes liés à l’aménagement du territoire en France. Il a situé les objectifs de cette politique non plus en termes de redistribution de ressources, mais en termes de création de richesses en s’appuyant sur les trois moteurs de l’économie moderne.

 

  1. Le premier moteur de l’économie est aujourd’hui la mondialisation. Le seul choix de modèle de développement qui soit possible pour nous est l’innovation dans tous les domaines. Nous sommes passés de la compétition par les coûts à la compétition par l’innovation et la qualité. Ce nouveau modèle accorde une grande place à la pertinence et à la performance des relations dans l’entreprise.

            Dans la situation d’incertitude où nous sommes il faut être conscient qu’il n’est plus question        de répartir des secteurs d’activités mais des tâches. En conséquence, le devenir d’un site peut    dépendre de chaînes causales très longues.

  1. Le second moteur de l’économie actuelle est la mutation des emplois. Il joue en défaveur des petites villes qui ne disposent pas des pôles de formation adaptés aux nouveaux besoins. Il est certes souhaitable de conserver quelques industries sur un territoire mais sans oublier que ce n’est pas l’industrie seule, telle qu’on l’entendait par le passé, qui créera les emplois dont la population a besoin.
  2. Le troisième moteur est la mobilité généralisée des marchandises et des hommes. Il est en contradiction avec le modèle traditionnel de la représentation publique qui attache la gouvernance à un territoire bien délimité. L’Italie parle déjà de « territoires de projets ». Le territoire doit être une base de compétitivité prenant en compte les infrastructures et les ressources relationnelles.

 

4. Table ronde animée par Jacques Stierer, (journaliste de la région de Nemours) autour de Pierre Veltz, avec :

Ø       Bruno Jacquemin, Directeur Général de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Loiret (www.loiret.cci.fr) avec sa double expérience de l’Alsace et du Loiret.

Ø       Isabelle Bouquet, Secrétaire Générale de l’Union Départementale CFDT en S&M (www.cfdt.fr), et administrateur du « GIP Sud S&M ».

Ø       Bruno Gérard, créateur de OXAND (www.oxand.com), jeune entreprise innovante à fort potentiel de la région, née de connaissances produites par la recherche publique et acquises dans EDF, et engagée dans un projet du pôle de compétitivité « Ville et Mobilité Durables » (www.pole-vmd.org).

Ø       Gustavo Alcuri, PdG de ALCTRA (www.alctra.fr), société d’ingénierie acoustique au service de grands industriels (dont le groupe TOTAL et sa filiale Hutchinson à Montargis) ; G. Alcuri est d’origine universitaire et connaît bien les univers de la recherche publique et privée.

Ø       Marc Montagnon, Consultant senior de SODIE (www.sodie.com) pour le « GIP Sud S&M » (Groupement d’intérêt public pour la revitalisation de sept cantons du Sud S&M).

 

Jacques Stierer a introduit les débats en rappelant que le sud de la région Ile de France n’avait plus que 22% de ses emplois dans l’industrie traditionnelle. Le débat s’est alors lancé entre participants et avec la salle, en particulier des élus locaux.

 

-          le constat de désindustrialisation des emplois est une évidence dans le sud Seine et Marne. Le problème majeur vient de ce qu’il n’a pas été anticipé. La gestion territoriale n’a pas été prise en compte de façon satisfaisante. Cette question est générale en France où les restructurations sont rarement réussies du fait du manque d’anticipation et de la lourdeur réglementaire.

-          Nous ne savons pas dialoguer au sein des entreprises. La qualité relationnelle que Pierre Veltz a mise en exergue n’est pas dans les habitudes françaises. Il est essentiel de mobiliser tous les acteurs dans un contexte de confiance pour « travailler ensemble ».

-          Il faut aujourd’hui penser « fonction » et « finalité » pour des consommateurs et non plus « matière ou « moyen » de producteur. C’est dans cet état d’esprit qu’une entreprise sera innovante et trouvera de nouveaux débouchés. Il est vital de décloisonner notre approche des problèmes.

-          La richesse totale d’un territoire est la somme des richesses qui y sont produites et des richesses qui y sont consommées. Il est tout aussi important de capter des revenus que des entreprises.

-          Il faut arrêter de borner les analyses à un département ou à une région administrative : les enjeux ne sont plus à ce niveau de découpage. Alors que dire du canton ou de l’agglomération ? Hélas quelques politiques locaux se comportent souvent comme des chefs de tribus et rendent difficiles les stratégies  sur un bassin de vie pertinent.

-          Notre passé industriel nous incite souvent à négliger le « fortement qualifié ». Il faut au contraire rendre le territoire attractif pour y attirer des emplois fortement qualifiés.

-          Rendre le territoire attractif c’est aussi mieux communiquer sur les points positifs du Sud Ile de France.

-          Le développement du tourisme est un excellent moyen de mettre en valeur et de faire connaître notre territoire.

-          Pour ne pas devenir la « réserve d’indiens de l’Ile de France » les communes doivent s’organiser : c’est dans ce but que l’association des communes du Val de Loing a été créée.

-          La bonne santé d’un territoire profite aussi à ses voisins. Si le Sud 77  se développe harmonieusement le Loiret en sera bénéficiaire. Il serait donc normal qu’il appuie ce développement.

 

Pierre Veltz a conclu :

Il est important d’anticiper les évolutions mais il faut se méfier des démarches trop rationnelles. Pour réussir le pari de l’avenir il faut :

                  Une capacité de surveillance

                  Des réseaux informels (entreprises, syndicats, politiques, techniciens…)

                  Etre souple et capable d’absorber les opportunités

                  Diminuer l’importance et la rigidité des structures

                  Avoir une vision large des territoires à géométrie ouverte

 

5. Présentation de créateurs d’entreprises technologiquement innovantes et à fort potentiel

 

Denis Oulés explique ensuite les processus habituels de création d’activités nouvelles nées de résultats de recherche (publique ou privée) qui doivent être fertilisés par la culture entrepreneuriale.

Il invite quelques créateurs locaux de jeunes entreprises technologiquement innovantes à présenter brièvement leur projet, ainsi que leurs difficultés d’obtention de locaux et de recrutement:

 

          Luc Sandjivy : créateur de ERMS http://www.erms.fr née à Fontainebleau de recherches du centre de morphologie mathématiques de Ecole Nationale Supérieure des Mines de Paris (ENSMP).

          Henrik Nielsen: PdG de http://www.nielsen-innovation.com et créateur de HAND-PRESSO (cafetière expresso sans fil) http://www.handpresso.fr

          Ugo Haberman : créateur de HIPPOCAD http://www.hippocad.com (logiciels pour services médicaux à domicile).

          Arthur Mofakhami : créateur de CERAM-HYD http://www.ceramhyd.com (production et stockage sécurisé d’hydrogène pour piles à combustible).

          Rémi Poittevin : (MBA INSEAD juin 2006) créateur de ORELIA (analyseurs intelligents de sources sonores)

          David René : créateur de CALEXIUM http://www.calexium.com (serveurs pour messageries)

          Franck Grevoz : créateur de ERUDIAM (monitoring physiologique pour sportifs)

          Christian Westarp : (MBA INSEAD décembre 2006, Allemand en recherche de projet…)

 

Les participants présents apprécient cette révélation d’un potentiel local méconnu de créateurs ambitieux, et des problèmes affrontés.

 

Denis Oulés signale l’organisation par le réseau de Business Angels « Club Invest 77 » d’un concours pour le meilleur business plan de l’entreprise à fort potentiel, doté d’un prix de 2000 euros, qui sera remis le 2 octobre prochain : précisions en www.clubinvest77.com

 

Bernard Templier (membre du bureau de l’association Pôle Sud 77) explique le souhait d’amplifier l’offre de projets technologiquement innovants (depuis les centres de recherche d’entreprises et publics, ou les pôles de compétitivité) aux étudiants MBA de l’option « entrepreneurship » de l’INSEAD dans un «Générateur d’Innovation», qui servira les éventuelles pépinières des communautés de communes de la région : à ce propos, il se félicite de l’intention de la communauté de communes de Fontainebleau/Avon d’ouvrir une pépinière d’entreprises dans des locaux de l’INSEAD, ce qui permettra d’amorcer ce «Générateur d’Innovation».

 

8. Conclusion et prochaine réunion

 

Denis Oulés regrette le manque de temps pour prolonger les échanges : il remercie tous les intervenants, les membres du bureau de Pôle Sud 77 qui ont contribué à l’organisation de la réunion avec les étudiants de l’IUT (Thierry Lajaunie, Philippe Schwab, Françoise Lhermitte, Bernard Templier…) ainsi que la CCI 77 qui a ouvert son fichier d’entreprises, et encore EDF et S&M Développement.

 

Il donne rendez vous pour les 7èmes Synapses le 9 octobre en un lieu qui sera précisé plus tard, (après probablement la visite des installations de CERAM-HYD à Avon).

 

Et enfin, il invite les participants qui ne l’auraient pas encore fait à adhérer à l’association pour appuyer les actions engagées.

 

FL & DO/07-07-07