Dimanche 20 Mars 2005
[« Si tu veux tracer ton sillon droit, attache ta charrue à une étoile » : Sénèque, philosophe antique né à Cordoue]
Un constat : "le bassin d’emploi du « pays de Fontainebleau », c'est-à-dire le territoire des quatre M (Melun-Montereau-Malesherbes-Mennecy) où les temps de déplacement sont inférieurs à quarante cinq minutes, manque de projet fédérateur orientant les actions des communes et leurs communautés ou autres entités territoriales. Il y a encore cinquante ans, c’était un pôle verrier dont l’excellence était reconnue au plan mondial (et Corning y dispose toujours d’un centre de recherches technologiques de pointe). Aujourd’hui, cette image est désuète, la grande usine Thomson Vidéoglass de Bagneaux sur Loing (plusieurs centaines de salariés) va progressivement cesser sa production, et notre pays de Fontainebleau n’a plus d’étoile pour orienter puis drainer des investissements structurants et des ressources affectées par la France et l’Union Européenne à la recherche et aux technologies innovantes.
Une constante : le passage d’une économie de rattrapage à une économie de l’innovation réussit là où, sur un même territoire, les résultats de centres de recherche fertilisés par des centres de formation sectoriels et des relations avec des entreprises innovantes génèrent des innovations et dynamisent des entreprises matures autour d’un thème d’excellence technico-économique : ainsi se développent les « pôles de compétitivité à rayonnement international ». Les travaux de Pierre Veltz (« Des lieux et des liens ») et le rapport de Christian Blanc au premier ministre d’avril 2004 « Pour un écosystème de la croissance »: http://www.ecosysteme-croissance.com expliquent parfaitement cette alchimie du développement économique territorial. Au moment où des menaces pour l’économie locale (1200 emplois concernés en quelques mois !), et des opportunités de ressources foncières et sites industriels libérés se présentent sur le « pays de Fontainebleau », il est donc vital que le choix d’un thème technico-économique soit fait dans le plus large consensus possible (chercheurs, enseignants, industriels, gestionnaires de ressources publiques) afin de guider les responsables qui apportent chacun leur contribution à l’écosystème du « pays de Fontainebleau ».
Une méthode : elle commence par un inventaire du potentiel local de recherche publique et privée (ENSMP, INSEAD, CORNING, EDF, SNECMA et d’autres entités plus petites, ou proches du territoire concerné), d’enseignement supérieur et professionnel, des entreprises innovantes existantes, du potentiel foncier et industriel, des ressources humaines mobilisables pour se connecter à des pôles de compétitivité complémentaires éloignés. Elle se poursuit avec l’écoute des responsables de bonne volonté immergés dans ces centres de recherche locaux identifiés, ces centres de formation majeurs de la région, des chefs d’entreprises parmi les plus innovants ou dynamiques : à l’issue de ces travaux d’analyse, d’écoute et de « remue-méninges », nous identifierons une douzaine de thèmes possibles. Puis nous proposerons à tous les acteurs précités de hiérarchiser ceux ci (avec des critères classiques du type « attraits/atouts ») en vue de choisir deux ou trois thèmes fédérateurs pouvant guider les initiatives locales pour vingt à trente ans.
Un élan pour le pays de Fontainebleau : en dernier ressort, ce sont les élus locaux qui sont légitimes pour porter la candidature de notre pays (avec le concours de la Région Ile de France) dans l’ « appel à projets pour les pôles de compétitivité »: http://www.competitivite.gouv.fr que la DATAR a lancé en 2004 et dont la première échéance était le 28 février 2005 : il est temps de prendre rang pour l’échéance suivante. Nous voulons initier ce nouvel élan qui permettra de drainer des ressources de la Région Ile de France (et d’orienter favorablement la révision de son schéma directeur : http://www.ile-de-france.equipement.gouv.fr ), de la France et surtout de l’Union Européenne par son programme cadre de recherche (PCRD : http://www.eureka.be/files/:289598 ). Cet élan orientera aussi les plans d’urbanisme des communes concernées et les projets de réaffectation du patrimoine foncier libéré ici et là.
Il y a donc double urgence :
« Pour bien observer un problème, il faut monter en altitude » (Charles De Gaulle)